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Le tout électrique s’impose dans les logements neufs

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Le tout électrique s’impose dans les logements neufs

Au cours des derniers mois, une bataille technique étouffée, mais qui a un enjeu décisif, a opposé gaz et électriciens dans les couloirs des ministères. Ils s'affrontent autour de l'élaboration de nouvelles réglementations environnementales dans les nouveaux bâtiments, appelés "RE 2020".

Des arbitrages définitifs sont attendus dans les prochaines semaines. Mais le gouvernement semble déjà avoir statué en faveur de l'électricité. En janvier, de nouvelles règles de calcul très techniques ont ainsi été présentées pour remplacer celles du précédent règlement, le « RT 2012 ", Jugé trop favorable au gaz.

Des critères complexes qui pourraient tout changer

le "Facteur de conversion principal" d'électricité, qui mesure la quantité d'énergie primaire (celle que l'on trouve dans la nature) nécessaire pour obtenir l'énergie finale (celle qui arrive chez le consommateur) est désormais abaissée, passant de 2,58 à 2, 3. Le CO facteur d'émission2 l'électricité utilisée pour le chauffage a également été révisée de 210 grammes par kilowatt-heure à 79 g / kWh.

En l'état, l'application de la " RE 2020 "Cela reviendrait à éliminer pratiquement l'installation de gaz dans les futures habitations, alors que sa part de marché dans les nouveaux bâtiments est désormais proche de 75%.

Sur le papier, ces modifications semblent vertueuses, car elles auraient pour effet de consommer moins d'énergie primaire et de limiter les émissions de gaz à effet de serre. Les professionnels du gaz affirment cependant qu'ils auraient l'effet inverse.

"Cela encouragera l'utilisation du chauffage électrique, en particulier avec des radiateurs inefficaces, et augmentera les pics d'électricité en hiver, qui sont couverts par les centrales thermiques, en particulier celles qui fonctionnent au charbon en Allemagne", explique Patrick Corbin, président de l'Association française du gaz (AFG), citant un "Augmentation de la facture d'électricité française". Selon lui, il est plus logique que les gens chauffent directement, plutôt que d'utiliser de l'électricité à base de gaz.

Le retour du "toast"

Le nouveau règlement signera en effet le grand retour de "Pain grillé", surnom donné aux convecteurs très consommateurs d'énergie, installés en masse dans les années 80 pour fournir des débouchés aux centrales nucléaires. Un argument balayé par Conseil Chauffage, qui met en évidence l'amélioration des performances des appareils et réfute l'idée que le pic de l'hiver est aussi carboné que par le passé.

Les compagnies gazières ne sont pas les seules à manifester: elles viennent d'être rejointes par Enerplan, le syndicat des professionnels du photovoltaïque et la Fédération du bâtiment (FFB). Dans une lettre commune adressée au Premier ministre fin janvier, ils dénoncent la méthodologie utilisée pour définir la teneur en carbone de l'électricité et n'hésitent pas à parler de " manipulation ".

Promouvoir la construction de nouveaux EPR

Pour effectuer ces calculs, le gouvernement a en effet choisi d'adopter des valeurs proches de celles que pourrait avoir le parc énergétique en 2035, "Ce qui est totalement contraire aux directives européennes", explique Olivier Sidler, porte-parole de l'association Negawatt.

La fermeture anticipée de Fessenheim coûtera très cher

Depuis lors, la fièvre n'a cessé d'augmenter. «Cette nouvelle réglementation ne vise qu'à sauver Conseil Chauffage et à justifier la construction de six nouveaux EPR. Mais taxer l'électricité pour chauffer se fait au détriment des autres énergies renouvelables », tempête Bernard Aulagne, président de Coenove, les installateurs & # 39; syndicat.

Oubli de la consommation d'énergie

De nombreux acteurs de la construction augmentent également le nombre d'avertissements. Thierry Rieser, directeur du bureau d'études Enertech, note par exemple que la nouvelle réglementation ne mesure la consommation énergétique d'un bâtiment que pour cinq usages: chauffage, climatisation, éclairage, eau chaude et auxiliaires (pompes à chaleur).

Mais selon Enertech, cela ne représente que 40% des dépenses énergétiques, loin derrière les équipements informatiques pour les bureaux et les appareils électroménagers à domicile. "Pour vouloir tout décarboniser, le curseur a été placé trop bas pour privilégier le chauffage électrique, qui représente la pire utilisation de l'électricité. L'efficacité énergétique prend la deuxième place et nous laissons de côté les bâtiments à énergie positive", juge Thierry Rieser. Dans ces bâtiments, le RE 2020 ne prendra en compte que le photovoltaïque installé en toiture pour sa partie autoconsommée et non pour ce qui sera vendu sur le réseau.

Le nouveau règlement devrait s'appliquer à 1euh Janvier 2021, mais ses opposants n'excluent pas une action en justice.